Le scintillement de ta sueur sur ta peau
l’ombre émue de tes cuisses
comme un feuillage tendre
autour d’un feu
oui la chaleur de ton ventre aux lèvres douces
comme des flammes
Et le souffle et le murmure
et les abeilles de tes yeux qui veulent
un rien de menthe fraîche posée sur ta langue
arrosée
comme un pétale inventif
sous le bouche à bouche de la pluie
C’est avec toi que je veux me raccorder au monde
belle ouverte pour moi
entrée qui mène à lui
entrée qui m’aime
jacques dor ©
Je regarde ton petit univers
à la loupe je ne rate rien
longues jambes au bas noirs
cuisses de fées livrées sur canapés
fessées pieds et poings liés
comme mis en scène
mis en aime
se faire mal pour se faire du bien
semblants de douleurs
qui jouent à donner des couleurs
et que je découvre
comme au cirque les numéros
qui font peur et laissent la marque des émotions
un peu partout
Se faire mal pour se faire du bien
partout où le sang du plaisir
circule à l’envie
Je passe par chez toi
je fais le détour
et par le trou de la serrure je regarde
ça non
les serrures n’ont plus de trou
depuis longtemps
seul l’imaginaire a su conserver
la splendeur des accès
au monde fantasmé
jacques dor
Écrire avec sa mémoire sensible
avec des rires
des larmes
du sperme fait mots
pas des phrases au juste
ou bien les phrases de la chair qui parle
les yeux fermés
en oubliant la grammaire du monde
figée
définitive
apprise par cœur
c’est-à-dire à l’envers du cœur
jacques dor